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VATICAN II A CINQUANTE ANS
Parler de Vatican II aux jeunes d’aujourd’hui c’est quasi comme si on leur parlait du Concile de Chalcédoine (451 après Jésus-Christ). Pourtant un nombre important d’adultes se souviennent encore de cet événement extraordinaire qui a marqué le XX siècle.
De quoi s’agit-il ?
Le 25 Janvier 1959, le Pape Jean XXIII lors d’une visite à la Basilique Saint Paul hors les murs à Rome, annonce la convocation d’un concile œcuménique, c'est-à-dire rassemblant les évêques du monde entier. La surprise est de taille. Déjà, Jean XXIII élu très âgé passait, dans l’opinion, pour un Pape de transition. Puis, beaucoup pensaient que le premier concile du Vatican, interrompu par la guerre de 1870 serait le dernier.
Le 11 Octobre 1962, après une intensive préparation, 2400 évêques venus des quatre coins du monde traversent la place Saint Pierre et prennent place dans la Basilique. A eux s’étaient joints des observateurs des autres Eglises, il y avait même des laïcs dont quelques femmes. Leur travail durera quatre années à raison d’une session de trois mois chaque année.
Le « Pape de transition » ouvre grandes, sur le monde, les portes de l’Eglise. Le Concile Vatican II grâce à son optique nouvelle sur l’Eglise et sa mission dans le monde a ouvert un horizon splendide et nouveau aux laïcs et à leur engagement dans la communauté chrétienne et dans la société.
Beaucoup de choses vont changer dans l’Eglise :
- Au plan liturgique avec l’utilisation de la langue du pays, les diverses prières eucharistiques, la place de la prière universelle…
- Le costume ecclésiastique.
- Une plus grande proximité entre les évêques, les prêtres, les chrétiens.
- Surtout un meilleur partage des responsabilités et une volonté de dialogue avec le monde.
Cette mise à jour avait des racines assez profondes. Déjà l’action Catholique et en particulier la
J-O-C (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) dès les années 1925 avait mis l’accent sur la nécessité de penser une évangélisation par milieu de vie. Constatant la grande distance entre le monde ouvrier et l’Église les témoins de l’époque s’efforcent de partager leurs convictions et leurs projets. Le cardinal SUHARD passé de Reims à la capitale en 1940, lance la Mission de Paris puis suivront les prêtres-ouvriers.
Cet effort d’Evangélisation est aussi entrepris dans l’espace rural avec la naissance de la J.A.C. et dans les milieux indépendants avec l’éclatement des divers mouvements : J.I.C., A.C.I., Cadres… L’Eglise institutionnelle a besoin d’un souffle nouveau pour s’adapter au monde qui change et auquel elle a une parole à dire. Des expériences diverses vont voir le jour concrétisant cette volonté de rejoindre les hommes là où ils sont. Le concile va prendre en compte toutes ces mutations et accueillir les projets missionnaires les plus audacieux. Ils ne feront pas l’unanimité. Un grand chemin a pourtant été parcouru, pour certains trop rapidement pour d’autres trop lentement.
Nous reviendrons prochainement sur les textes importants de Vatican II mais dès maintenant nous pouvons mesurer l’importante vitalité que l’événement a produit dans les jeunes Eglises d’Afrique et d’Amérique latine. L’arrivée parmi nous de prêtres africains souligne les bienfaits spirituels que peuvent partager avec les Eglises des pays matériellement riches ceux qui ont eu connaissance de la bonne nouvelle par des missionnaires partis autrefois de chez nous. Sans aucun doute le Concile a permis des avancées dans l’Eglise qui nous concernent encore aujourd’hui..
Père André ROUSSELLE