TOUS FRÈRES

Père Claude COLLIGNON

L'édito de juin 2017  

 

 

LE SENS DU POLITIQUE

Nous vivons actuellement des moments importants pour notre pays : l’élection du président de la république au mois de mai et les élections législatives en ce mois de juin.

Certains de nos compatriotes se sont étonnés que les évêques n’aient pas pris position publiquement pour tel ou tel candidat ou pour tel ou tel parti. Serait-ce désintérêt ? ou même lâcheté ? Il n’en est rien. Il s’agit en réalité de bien situer la réflexion de l’Eglise catholique par rapport à la politique, ou plus précisément par rapport « au » politique.

A la fin de l’année 2016, les évêques, en vue de ces élections, ont publié un document intitulé : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». (TOUS FRERES de décembre 2016 avait présenté ce texte). Mais il n’est pas sans intérêt de revenir sur ces questions et pour cela, je vais m’inspirer d’une interview que Mgr Daniel LABILLE, ancien évêque de Créteil et résidant à Charleville-Mézières, a accordée à la revue diocésaine REIMS ARDENNES en février dernier.

Mgr LABILLE, en relisant ce texte, souligne plusieurs points :

  • La croissance des inégalités et la fracture sociale : d’un côté l’échelle des revenus est plus importante qu’avant et d’autre part notre société génère des travailleurs pauvres.

  • La moralité publique… Il y a des cas de corruption qui viennent disqualifier la politique. Nous sentons le besoin d’intégrité et de vérité dans la politique si elle veut être crédible.

  • L’équilibre à trouver entre la loi qui encadre et la liberté d’entreprendre. Toute innovation engendre un risque d’échec mais en général ce sont les plus pauvres qui subissent le plus de dommages. Comment le risque est-il partagé ?

  • A la base de notre démocratie, il y a le contrat social : ce contrat a besoin d’être élaboré avec l’ensemble des citoyens : comment ceux-ci sont-ils associés à l’élaboration de son consensus ?

  • Enfin, nous sommes dans une société pluriculturelle : il s’agit désormais de gérer ce pluriculturalisme par une laïcité ouverte qui garantit à la fois la liberté de conscience et d’expression et, en même temps, l’unité de la nation.

Ce texte des évêques (92 pages, 4 €) peut fournir une bonne base de réflexion non seulement aux chrétiens mais à tout citoyen soucieux des enjeux en cours.

Abbé Claude Collignon