Eglise Notre Dame de Villers-Marmery

     L'église fut dédiée à Saint-Remi puis à Notre-Dame au cours des siècles. Sa date de construction précise est inconnue. Des restaurations successives lui ont fait perdre son caractère primitif, car on trouve des témoins de plusieurs époques. Il est probable - en tout cas - qu'une chapelle de facture romane soit construite ici dès le IXème siècle, ou tout au moins avant le début du XIIème siècle, conforme au style des sanctuaires ruraux régionaux de cette époque. Pour preuve, une fenêtre "typique" est encore visible dans la partie supérieure du mur droit de la nef (cachée actuellement par le plafond qui "passe" devant).

    A cet endroit de l'édifice, la maçonnerie et l'appareillage de pierres de type ancien présents sous le plâtre neuf laissent penser qu'il s'agit là de la partie la plus ancienne. Comme partout elle était en bois et paille avant de brûler - on peut le supposer - et fut remplacée par une construction plus solide.

Il est tout à fait concevable de penser qu'une église plus spacieuse que la première fut nécessaire pour accueillir les nouveaux fidèles. Ainsi, on peut supposer que la chapelle d'origine connut, là, des transformations importantes : allongement de la nef, ajout des deux transepts, création du chevet en abside. L'édifice acquiert alors sa forme actuelle (au moins dans sa globalité, ce n'est pas dans ses détails !). Pour preuve, on signale une inhumation dans "la grande chapelle" en 1680, et la dédicace de deux nouveaux autels dans les transepts, en 1684 : l'un est dédié à St Sébastien, l'autre à Ste Barbe.

    Ainsi, la petite chapelle primitive connut, entre la fin du XIIème siècle et le XVIIème siècle, ses transformations principales. Les retouches de gros-œuvre et la décoration ne sont évoquées, dans les archives, que bien plus tard.

 

 Au XVIIIème siècle, en retard par rapport aux édifices déjà touchés dans les grandes villes, le style classique, puis légèrement baroque, apparaît dans les bâtiments importants des campagnes : l'église de Villers-Marmery perd, alors, son caractère rural et rude. On peut supposer qu'à cette époque, la charpente et le solivage en bois apparent teinté (traces repérées lors des travaux de réfection du plafond effectués en 1995 par l'entreprise Hautem) furent cachés par un plafond en plâtre, sur la totalité de l'édifice. Plusieurs campagnes de travaux sont mentionnées dans les archives de la seconde moitié du XVIIIème siècle :

    Le 6 Octobre 1789, l'Assemblée Nationale décide la vente des Biens Nationaux, elle s'empare des églises. Les mesures anticléricales suivent. Ainsi, le 4 Février 1794, le Conseil Municipal de Villers fait descendre deux des trois cloches et leurs accessoires par trois charpentiers et un maréchal du village. La troisième cloche échappe à la fonte pour sonner les heures. La même année, l'inventaire des articles religieux est rédigé. Les grilles, les statues et divers objets sont mis sous scellés à la sacristie. Le linge blanc est donné aux hôpitaux militaires. L'église devient le "Temple de la Raison".

 

En 1801, le culte catholique est rétabli en France. M. Le Cacheur, ancien Curé, devenu entre-temps "Citoyen", est à nouveau affecté au service religieux en 1804.

    La couverture de la totalité du bâtiment est refaite en 1992 et 1993. En 1995, les plafonds, devant subir des "rustines", sont finalement refaits complètement avant les peintures effectuées la même année par une équipe d'étudiants "section peinture" hollandais. Et "tant qu'on y est", la porte du bas-côté en mauvais état est changée.