Eglise St. Remi de Ville en Selve
 

 

Adossée au massif forestier de la Montagne de Reims, l'église de Ville en Selve domine la vallée du ruisseau du Boidart qui s'écoule vers Louvois.
On pense que la bâtisse de l'église primitive se composait uniquement d'un chœur ou sanctuaire. La communauté s'agrandissant, on aurait alors construit la nef puis une tour carrée latérale à double fonction : spirituelle et défensive.
L'aspect actuel de l'édifice résulte de travaux menés à l'issue de périodes plus riches et plus prospères. Il révèle par son clocher surmonté d'une flèche tendue vers le ciel une aspiration religieuse plus soutenue.
Chailles, moellons de craie hétérogène, tuileaux, enduits élaborés à base d'argile et de poils de vache, pièces de charpentes issues de granges ou de remises montrent qu'elle a été construite et remaniée avec des matériaux de proximité et de petite valeur. C'est une église qui, au bout du compte, est restée modeste. De bonnes proportions, elle s'inscrit sur une trame romane pré-gothique, ce qui laisse supposer qu'elle daterait du X1 ° siècle.

              
 

Historique

Depuis le Ve siècle, l'histoire de Ville en Selve semble liée à celle de l'évêque Saint Remi, du moins comme le rapporte le Père Jean Dorigny dans son livre écrit en 1713« Histoire de la vie de Saint Remi Archevêque de Reims (AD Châlons en Champagne CHl140 pp. l48,149,150) et dont la transcription signifie c'est à Ville en Selve que les paysans d'un village voisin amenèrent à Saint Remi un moine nommé Trésain pour se plaindre des dégâts qu'il laissait commettre par les troupeaux qu'il gardait. Le saint prélat aurait reconnu l'innocence du moine ainsi que sa grande piété et l'aurait emmené avec lui et fait entrer dans les ordres.
Au IXe siècle, l'église de Ville en Selve est mentionnée dans le Polyptyque de Saint Remi ainsi que son curé Norbertus qui desservait également Louvois (travaux de l'Académie de Reims Jean Pierre Devroey). Au Xe siècle, le roi Louis IV d'Outre Mer confirme la donation de la terre de Ville en Selve faite à l'Abbaye Saint Remi de Reims par Odilon Chapelain de ce roi (AD Châlons en Champagne E 615).
En 1671, la Seigneurie de Ville en Selve devient propriété de l'Archevêque de Reims, Charles Maurice Le Tellier qui la cède en 1691 à son frère François Michel Le Tellier Marquis de Louvois. Cette transaction fut contestée par les abbés de saint Remi. En 1776, les propriétés de la Seigneurie de Ville en Selve appartiennent aux Dames de France, tantes du roi Louis XVI. La Révolution épargna Ville en Selve et son église si l'on excepte la confiscation des biens du curé, de la Fabrique paroissiale et des Darnes de France (AD Châlons en Champagne lQ6056) Le XIXe siècle vit le rétablissement d'une pratique religieuse plus soutenue qui se manifeste pour notre église par une série de travaux très importants.
En 1905, suite à la loi concernant la Séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'édifice devient bien communal.

Aujourd'hui, l'église rénovée constitue avec les deux lavoirs l'essentiel du patrimoine bâti de notre commune.

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                                                                                   Description de l’édifice

En haut du porche: Vitraux représentant à gauche Saint Eloi et à droite Saint Remi début XXe siècle

Bas côté nord: Autel de Sainte Anne avec la statue de Sainte Anne et les fonts baptismaux Vitraux offerts par la famille Jacqueminet-Landragin représentant le baptême de Clovis et Jésus bénissant les enfants (certains des visages représenteraient des membres de la famille donatrice) socle en pierre portant l'inscription Saint Basle Chœur: Maître autel en marbre du XVIIIe siècle, ses colonnes en bois sont peintes en trompe l' œil faux marbre. Tabernacle en stuc, il dissimule une toile représentant Saint Remi en évêque. Clef de voûte en ogive Chapiteau de style roman ou pré gothique au décor à feuille d'eau et moulure ronde ou tore Vierge à l'enfant en pierre polychrome du XIVe siècle, statue mutilée, vierge hanchée aux doigts effilés et aux drapés avec sillons sinueux.

 

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Bas côté sud: Autel de la Vierge Marie, XVIIIe siècle avec décors au pochoir sur les murs AM pour Ave Maria du XIXe siècle. Lavabo liturgique, vasque en niche dans le mur, il servait aux ablutions du prêtre et à la purification des vases sacrés.
Vitraux représentant successivement la Vierge Marie, Jésus enfant aide Joseph, offert par Mme Schimberg, parente d'un prêtre de Ville en Selve, Jésus sur les genoux de la Vierge Marie Joseph tient l'équerre, la râpe et l'herminette du charpentier

Vitrail commémoratif à la mémoire des enfants de Ville en Selve morts pour la France posé en 1922

Crucifix en bois monté sur une peinture murale représentant Jérusalem

Tableaux du XVIIe représentant Le repos de la Sainte famille et La fuite en Egypte, anonyme, œuvres restaurées en 2005

Statue en bois du XVIIIe de Saint Remi présentant la Sainte Ampoule

Les 14 stations du Chemin de croix de style art-déco 1930, se répartissent sur les murs des deux bas côtés.

 

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Quelques dates de travaux

1829 à 1831 Réfection de la tour du clocher avec construction d'une flèche. Réalisation de quatre ouvertures dans les bas-côtés pour recevoir des vitraux
1860 à 1861 Assainissement de l'édifice par terrassement
1899 à 1901 Réparation importante du portail du cimetière
1921 Travaux de couverture en ardoise
1989 Installation du chauffage
1995 à 1996 Importante restauration de l'église et du clocher

Le clocher

Le clocher, les cloches et l'horloge ont toujours suscité beaucoup d'intérêt de la part des habitants de la commune, en atteste le nombre important de documents d'archives : Installation de l'horloge en 1749, construction de la flèche en 1830.

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Les cloches

En 1776, la plus petite des deux cloches étant cassée, il est décidé de la fondre pour en fabriquer une nouvelle. Le Il octobre 1778, une cérémonie est organisée en l'honneur de cette nouvelle cloche baptisée 'Louise Stanislas Xavier Marie Adelaïde', dont les parrain et marraine sont le frère et la tante du roi Louis XVI (registre paroissial 2M132 1778 AD Châlons).
En 1833, le conseil municipal approuve l'installation de deux nouvelles cloches en remplacement des anciennes qui seront réceptionnées en 1834.
Aujourd'hui, le clocher abrite toujours une cloche datant de 1833 nommée Emmanuel Honorine ainsi qu'une cloche plus récente datant de 1876 baptisée Léone Lodoïska.

 La sacristie

Actuellement, c'est un bâtiment séparé du chœur, dont la porte disparaît dans le décor de l'autel de la Vierge Marie. La sacristie n'a pas toujours existé sous sa forme actuelle. Réduite à un coffre contenant les habits sacerdotaux, puis à un petit local situé derrière le maître autel, elle devint une petite bâtisse qui communiquait directement avec le chœur.