Eglise sainte Marie-Madeleine de Tours sur Marne

Le 11 novembre 1858, il y a presque 140 ans, le village de Tours-sur-Marne consacrait sa nouvelle église à Sainte Marie Madeleine. Il semble que ce soit là, la troisième église du village depuis la christianisation de la région. On sait peu de choses de l'édifice primitif, sauf qu'il était situé au même endroit, qu'il existait déjà au IXème siècle et qu'il était dédié à saint Genest. Avec l'arrivée des moines cisterciens en 1074, I' église sera partagée entre le prieur‚ et la paroisse.

    La seconde église remonte au XIII siècle. L'abside à pans coupés avait une grande élévation et le clocher de pierre se dressait sur le bras nord du transept. Un incendie conduisit à reconstruire la nef et la façade au début du XVlème siècle, en style gothique flamboyant. 

    Mais au milieu du XIXème siècle, I' église est en très mauvais état, elle a subi deux foudroiements en 1800 et 1829. Le préfet en interdit l'accès en 1855, par crainte d'un effondrement. Il fut alors décidé de la démolir et de la reconstruire dans l'axe de la rue.

 

     C'est le style néo-gothique, de mode à l'époque, qui a été adopté par l'architecte de Grandrut. Le plan reprend l'esprit de l'ancien chœur avec des fenêtres cintrées surmontées par des oculi. Les vitraux représentent le chemin de croix. Le clocher, carré, surplombe le portail.  Il est coiffé‚ d'une belle flèche en charpente. La nef d'une élévation d'environ douze mètres, est bien proportionnée.
     Elle est rythmée par des arcades en tiers ponts qui reposent sur des colonnettes à crochets. De larges bas-côtés courent tout le long de la nef et s'ouvrent sur les bras du transept. Le chœur, légèrement surélevé est largement éclair‚ par sept verrières qui représentent des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Le mobilier a été installé rapidement après la consécration. La chaire à prêcher et le confessionnal datent de 1897. Un orgue classé monument historique, de 1862, est placé en tribune. Il ne reste de l'ancienne église, que quelques toiles des XVIIème et XVIIIème et un Christ aux liens en pierre, du XVIIème siècle.

    Malgré les proportions harmonieuses de la nouvelle église, I' amateur d'art et d'histoire ne peut que penser avec nostalgie à l'édifice disparu.