EGLISE SAINT JEAN-BAPTISTE DE LUDES

    La partie primitive de l'église appartient au roman dans sa plus grande simplicité. On l'a allongée au XVème siècle en greffant sur la construction ancienne. Le bas de la nef pourrait dater d'une époque antérieure au X ème siècle. Le milieu de la nef est du XVe, le transept du XVIe. La tour du clocher quadrangulaire domine le portail occidental. Le haut de la maçonnerie comporte sur chaque face une baie, géminée sur la face nord. Ce clocher ne date que du XVIIe siècle, bien que sa forme et celle de ses baies lui donnent l'apparence d'un édifice du XIIe.

   "Deux seules inscriptions nous restent dans l'église, note M. Desselle, et ce n'est pas la faute des maçons et autres personnes plus haut placées si l'on peut les déchiffrer encore ! "
La plus ancienne compose l'épitaphe gothique de Messire Pierre Pierrelot, prestre et chappelain de Ludes, décédé le 15 janvier 1546. L'autre se trouve dans le tableau de l'autel de Saint-Nicolas. C'est l'épitaphe de Thibault Limon, curé de Ludes et doyen de Vesle, chanoine de Sainte-Balsamie. décédé en 1692.

Les écus peints dans l'église de Ludes, petit transept nord au mur de droite et à gauche de la porte d'entrée, représentent les armes des marquis de Louvois, seigneurs en partie de Ludes à dater de 1688. Deux autres seigneurs résidaient au village même: M. de Ludes, dont la famille finit avant la Révolution, et M. Coquebert de Montfort. Le quatrième seigneur était M. de Sillery. Dans le chœur de l'église, côté sud, sur un gros pilier du XVe siècle, figure l'écusson de la famille Fillette, appartenant à la bourgeoisie rémoise. Les armes sont d'azur à la bande d'or chargée de trois trèfles de gueules, accompagnée de quatre étoiles. Jacques Fillette, chevalier, seigneur de Ludes, devint Lieutenant des Habitants de la cité de Reims de 1505 à 1515.

     A l'époque de l'abbé Desselle, on accédait au portail nord de église en gravissant neuf degrés, ce qui menait .au cimetière dont le sol opposait aux pas une pente sensible. Là se trouvait l'ancien portique où l'on rendait la justice, et qui n'existe plus. Le cimetière traversé, on montait encore neuf marches avant d'atteindre le portail nord à gauche duquel on remarque une vierge à la grappe, assise et protégée par un auvent.

 

Actuellement, il ne subsiste du cimetière qu'un tertre herbeux limité sur trois côtés par un mur de soutènement. On accède au portail nord par vingt-cinq marches.

   Je ne m'étendrai pas davantage sur l'aspect intérieur et extérieur de l'édifice que l'auteur examine en détails avec beaucoup de goût et d'érudition.

    Pourtant, afin de montrer l'aménité naïve et enjouée que M. Desselle apporte maintes fois à sa narration, je copierai encore cette description d'une peinture figurant la Sainte Famille : " La Sainte Vierge coud, Jésus scie avec son père nourricier, et, crainte que l'ouvrage ne leur manque, un ange leur apporte une grosse poutre... ".

Texte: Archives de Reims