Eglise saint-Brice à Aÿ
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Comment décrire, en quelques lignes, ce beau
monument des XVème et XVIème siècles ? Le mieux est d'en retracer rapidement
l'histoire.
La guerre de Cent ans venait de se terminer, quand les Agéens, peut être aidés par
l'abbaye d'Hautvillers après avoir détruit leur ancienne
église, construisirent d'abord l'actuelle nef gothique aux cinq travées, dont les
piliers flanqués de colonnettes sont surmontés d'une gracieuse guirlande de feuillages,
nef élargie par des bas-côtés et protégée par des voûtes de pierres, soutenue par
des arcs en ogive. Dans la foulée, probablement, ils édifièrent le transept à
l'élégant style flamboyant, alors à ses débuts.
Plus loin, nous évoquerons le chur.La façade primitive s'ornait, et s'orne encore,
d'un grand portail, avec son ogive à triple voussures garnies de sculptures retraçant la
vie de saint Brice, surmonté d'une galerie et d'une rosace. On comparera ce portail a
celui de la basilique de l'épine, près de Châlons, construite à la même époque. Au
début du XVIème, les Agéens le surmontèrent d'une tour qui se distingue par son style
classique et, alors, coiffée d'une charpente et d'une toiture. |
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C'est cette charpente,
qui, vers l'an 1600, fut ravagée par un incendie lequel se propagea à la nef dont
la couverture et les voûtes s'effondrèrent. On crut la solidité de l'édifice
compromise, et, par précaution, on étaya la tour de quatre solides contreforts. A
l'intérieur, les piliers qui soutenaient cette tour furent consolidés par un mur, certes
peu élégant, qui sépare encore la première travée du reste de la nef. La lourde
voûte fut remplacée par un plancher en bois.
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Le temps passa et nous voici à la deuxième
moitié du XIXe siècle. L'aide publique, mais surtout la générosité des Agéens,
en pleine expansion du champagne, entreprirent dans l'église une série de grands travaux
devenus utiles. La façade s'en trouva transformée par l'allégement et l'omementation
des deux contreforts ouest, par la restauration de la galerie surmontant le portail, la
reconstruction de la rosace, le percement d'une fenêtre au-dessus des petites portes,
enfin par l'érection de hautes statues. A l'intérieur, l'abside ancienne fut démolie,
reconstruite plus vaste, plus profonde, accompagnée de deux grandes chapelles latérales.
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Une autre chapelle, sur le côté sud de la
nef, fut également percée. La sacristie initialement trop exiguë fut transférée à
son emplacement actuel. Des voûtes, en matériau léger, remplacèrent le vieux plancher
de l'an 1600, sur la nef. Ces voûtes s'effondrèrent quand un obus s'abattit sur la
croisée du transept en 1940, causant de gros dégâts à la toiture ainsi qu'à l'orgue.
Les vitraux pulvérisés furent rétablis dans une conception moderne.
Tout récemment un nouvel orgue a été refait, la flèche
du clocher renouvelée. L'esplanade autour de l'église, autrefois le cimetière jusqu'en
1824, est en cours d'aménagement. Une remarquable illumination nocturne donne à la
façade un relief saisissant, qu'il faut aller admirer. |
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