Eglise Saint-Trésain d'Avenay

Selon les historiens, une première église aurait été construite peu après la mort de Trésain*, curé de Mareuil. Nous sommes au IVème siècle. Berthe, fondatrice de l'abbaye d'Avenay, n'arrivera qu'au siècle suivant. La construction de l'édifice actuel, de style gothique, parait dater du début du XIIIème siècle. Un chronologie précise des travaux et des modifications ultérieures n'a pu, pour l'instant, être établie.

Des remaniement importants ont été entrepris vers l'an 1500. On édifia un clocher massif sur le bras nord du transept. On améliora la luminosité intérieure par l'ouverture de nouvelles baies et l'élargissement de celles des bas-côtés. Enfin, on dota l'édifice d'un portail dans le style gothique flamboyant avec des sujets intéressant dans la voussure. Finalement, le monument est agréable à contempler.
A l'intérieur, en entrant, on apprécie la perspective majestueuse des voûtes et des piliers. Au fond, des vitraux du XIVème siècle rappellent des épisodes des vies de Sainte Berte et de Saint-Trésain. Parmi les tableaux, on remarque celui représentant Berthe accompagnée d'une religieuse de son abbaye et traçant sur sa quenouille le cours de la "Livre". L'orgue provient de l'église St Pierre démolie lors de la Révolution.

Cet édifice classé monument historique est intéressant à plus d'un point de vue. Au XVIIIème siècle, on crut un temps le lieu propice aux guérisons miraculeuses.

 

 
 

Saint Trésain

Venu d'Irlande ou de Grande-Bretagne, Trésain arrive en Champagne à la fin du Vème siècle avec quelques autres qui pourraient être ses frères et sœurs. Gibrien et Hélain sont les plus connus dans notre secteur. Ils semblent appartenir à ce mouvement missionnaire qui propagea le christianisme en Gaule du nord à partir du Vème siècle. Et saint Remi a besoin de bonnes volontés pour pousser l'évangélisation de son diocèse. Il envoie donc Trésain et ses compagnons en différents endroits des rives de la Marne. Trésain arrive du côté de Mareuil pour vivre parmi les paysans. Il y exerce le métier de porcher. On connaît les démêlés qu'il eut avec les vignerons d'Ay pour quelques dégâts dus à ses bestiaux. Plus tard, saint Remi le nomme curé de Mareuil et de Mutigny, après recommandation de l'évêque de Laon. Cette intervention renforce la thèse du voyage missionnaire de Trésain en Gaule au milieu des populations restant à christianiser.

Et puis Trésain meurt. Sa légende s'élabore progressivement. Quelques siècles plus tard, les écrits décrivent un personnage hors du commun mettant en évidence une source miraculeuse près du village de Mutigny. Ils nous rapportent aussi toute cette difficulté de mettre son corps en terre, son transport et son inhumation là où les vaches tirant le convoi funèbre s'arrêtèrent pour ne plus repartir. Et c'était Avenay. La première église du village aurait alors été édifiée à cet emplacement. Mais avant la légende, il y eut un individu exceptionnel à la foi affirmée. Son origine étrangère s'estompa car il sut, durant sa vie, par son comportement exemplaire, détaché des biens du monde, conquérir le cœur des pauvres paysans de notre contrée. Son tombeau attira longtemps des pèlerins. Et c'est ainsi que Trésain devint un saint homme bien de chez nous dont Avenay tint à conserver le patronage.