Eglise saint Réol d'Ambonnay
Pour bien appréhender la beauté de l'église d'Ambonnay, classée monument historique, il faut faire un instant abstraction des modifications qui l'on affectée au XVe et XIXe siècles. On découvre alors un bel exemple de l'architecture du début de l'âge gothique (2ème moitié du XIIe siècle). Dans la nef, les parties les plus anciennes sont nettement reconnaissables : les grandes arcades profilées d'une large moulure, les chapiteaux pourvus, parfois, de larges feuilles recourbées à leur extrémité.
Le
chur et l'abside ont été élevés à la même époque que les parties anciennes de
la nef. Cependant, ils ont été voûtés sur ogives. L'arc qui sépare ces deux parties
est remarquable par son décor de chevrons que l'on retrouve à l'extérieur sur la
fenêtre centrale de l'abside. Les parties latérales du chur ont été refaites au
XIXe siècle ; l'abside est décorée d'une belle arcature basse. La voûte d'ogives
repose sur des chapiteaux plus finement sculptés que ceux de la nef. Curieusement, elle
n'est pas centrée ; c'était les balbutiements du gothique ! A l'origine, chaque pan de
l'abside était surmonté d'un oculus. En 1883, les ouvertures ont été modifiées ; sur
le plan nord, cette disposition a été néanmoins rétablie.
Réol (Réolus - Rieul ou Regulus) vivait au VIIème
siècle. Il avait épousé Amathilde qui lui donna plusieurs enfants. Elle était fille de
Childéric II, roi de France de la race des Mérovingiens, nièce de son prédécesseur
immédiat saint Nivard. D'importantes reliques sont conservées de lui à Orbais. Elles attirèrent chaque année de nombreux pèlerins pour obtenir des grâces de guérison et de préservation. Il est imploré également pour faire marcher des enfants chétifs et malingres. L'église d'Ambonnay possède comme relique une côte de saint Réol. Sa fête, le 25 novembre est solennisée actuellement à
Ambonnay le dernier dimanche de juillet. |